Un pager et un téléphone sonnent de la même façon, mais pas avec le même impact.
En urgences, l’un peut annoncer un STEMI, l’autre un patient douloureux mais stable. Les deux disent « agir maintenant », pourtant ce ne sont pas les mêmes priorités.
La triage, c’est l’allocation du temps
L’ABCDE ressemble à une checklist de tri, mais c’est surtout un cadre de priorisation indépendant du bruit ambiant: airway, breathing, circulation, neurologie, puis le reste.
Dans le monde agentique, j’observe le même piège: on court vers l’alerte la plus bruyante, pas vers la plus dangereuse. Un gros stacktrace attire le regard; un index de retrieval silencieusement dégradé peut contaminer toutes les réponses suivantes.
Sévérité ≠ dramatique
En clinique, je distingue vital, urgent contrôlable, et gênant mais stable.
Côté homelab:
- agent dégradé (latence, retries, qualité en baisse)
- agent indisponible
- système compromis (p. ex. exfiltration après prompt injection)
Seul le troisième justifie de se lever la nuit. Les deux premiers doivent être gérés, mais avec une discipline de runbook.
Les checklists sont pour les expérimentés
En STEMI, je repasse toujours la même séquence, même quand je la connais par cœur. Pas par ignorance, mais parce que la vigilance fluctue.
Même logique pour le déploiement d’agents: un prompt modifié, un tool schema ajusté, un hop retrieval de plus — chaque changement semble petit, l’ensemble devient fragile.
Où l’analogie s’arrête
Un système n’est pas un patient. Le coût émotionnel n’est pas le même.
Mais la posture utile est similaire: éviter la recherche de coupables et privilégier l’analyse systémique.
La bonne question n’est pas « qui a cassé », mais « quelle protection manquait pour éviter la récidive ».
C’est ce type de croisement de disciplines que je veux documenter ici.